NICA 2005

Et si l’exil m’était conté…

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Communiqué de presse
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Articles de presse
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Programme du Festival Moisson d’art – Parlures d’Acadie
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Articles de presse
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Devant près de 75 personnes, rassemblées au Curling de Tracadie-Sheila (Nouveau-Brunswick, Canada) le samedi 1er octobre 2005, 11 conteurs et conteuses de l’Acadie, un conteur mi’gmaq, un conteur du Québec et une conteuse de la France ont partagé leurs histoires avec beaucoup de plaisir et de rires. Ils ont été encouragés et stimulés par Jacques Pasquet et Dominique Breau, nos deux animateurs de la soirée, qui, tour à tour, ont servi de passeurs pour raconter cet exil, en commémoration du 250e anniversaire de la déportation des Acadiens. Ils ont été merveilleusement soutenus par les accords subtils, joyeux ou étranges du violon de Sébastien Leblanc.

L’émotion et le rêve étaient au rendez-vous, ce soir-là. Au son du tambour, Gilbert Sewell a ouvert la soirée par « le chant d’honneur de l’aigle » et nous a narré comment la culture mi’gmaq est imbriquée dans la culture acadienne, ne serait-ce que par les noms des villages et des rivières, comme Népisiguit, Tracadie, Shippagan, Caraquet. Et pour certaines et certains, comme Nadia Baribault, Marie-France Comeau, Anna Girouard, Euclide McLaughlin, Yvette Pitre, Robert Richard, ce fut une grande première. Tous ces conteurs de la relève acadienne ont expérimenté personnellement l’importance du conte dans la vie de tous les jours. Ils ont nourri l’âme du public, mais aussi leur créativité et leur passion. Plus personne en Acadie n’oubliera le pommier de Théodule, les aventures de P’tit Jacques et le grand bâtiment blanc, la messe en latin, version Yvette, les brassées de linge de Julie, la vierge réincarnée de Richibouctou ou les « vraies » histoires de chasse du mononcle d’Euclide.

L’exil est souvent perçu comme un départ forcé d’un pays, mais c’est aussi une séparation du cœur, une coupure radicale avec le passé. L’aventure de Charles et de James, qui se sont sauvés des Anglais, en a ému plus d’un. Des fois, il faut remonter jusqu’à la création du monde pour percevoir l’Eden qu’on a perdu, version Alfred. D’autres fois, il nous faut aller jusque dans le désert pour rencontrer Badra et son prince qu’on a essayé de séparer. Mais l’amour est plus fort que tout. Peut-être que notre caravane de rêves sera aussi belle que celle de Dominique Kahn et que nous porterons maintenant plus d’attention aux Madeleines-les-vilaines du monde entier, suite à ces histoires merveilleuses et empreintes de tant de sagesse.

Ces Parlures d’Acadie furent une belle aventure et elles ne demandent qu’à s’exprimer de nouveau.

Avis aux amoureux du conte au Nouveau-Brunswick qui nous soutiennent depuis les débuts et aussi aux bailleurs de fonds qui vont peut-être se décider enfin à nous suivre.

Merci à Chris Leblanc des Productions Cojak et à Dominic, son assistant, d’avoir capté les images et les sons de cette soirée pour garder en mémoire notre patrimoine, notre exil, nos rêves et nos contes.

Merci aux écoles Versant Nord d’Atholville, Académie Notre-Dame et Aux Quatre Vents de Dalhousie, Le Domaine étudiant de Petit-Rocher, François-Xavier Daigle d’Allardville d’avoir reçu la conteuse française, Dominique Kahn, et d’avoir permis à 620 enfants de la 5e à la 9e année de découvrir les richesses et les joies du conte.

Depuis le début de l’année 2005, la NICA a produit 5 spectacles de l’Acadie des terres et de l’Acadie de la mer au Nouveau-Brunswick et au Québec et elle a présenté 4 soirées de Parlures d’Acadie pour recruter des conteurs acadiens de la relève, avec comme résultat la cinquième grande soirée à Tracadie-Sheila (le 1er octobre 2005). En tout, 2082 personnes (727 adultes et 1355 enfants) ont écouté des contes en 2005, à travers la NICA.

La NICA est fière d’annoncer qu’elle a touché, de 2002 à 2005, un auditoire de 9356 personnes, soit 2121 adultes et 7235 enfants. Et que continue de vivre la parole conteuse acadienne et du monde entier !

Mot de la présidente de la NICA

Mesdames, Messieurs, chers invités,

Ce soir, les Parlures d’Acadie vont vous amener sur le chemin de l’exil à travers le conte, cette parole qui porte la mémoire d’un pays, d’un peuple et de gens souvent méconnus.

Depuis 4 ans, la NICA (Nuit internationale du conte en Acadie) a offert aux petites comme aux grandes oreilles une parole de tous les pays pour nous faire rêver, voyager, penser, et ce à travers l’Acadie. Cette année malheureusement certains bailleurs de fonds en ont décidé autrement. Ils n’ont pas vu la richesse du conte et son rôle essentiel pour chacun de nous, dans notre vie de tous les jours. Il n’y aura donc pas de festival NICA cette année (2005).

J’aurais aimé pouvoir remercier le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick, le ministère des Affaires internationales et intergouvernementales du Nouveau-Brunswick, le Consulat de France à Moncton, le programme de littérature orale du Conseil des arts du Canada. Mais, hélas, ces bailleurs de fonds n’ont pas jugé bon de suivre les conteurs dans leur désir de raconter et de nous faire plaisir. Ils n’ont pas jugé bon, non plus, de suivre ce public qui, depuis 4 ans, chemine avec nous pour entendre la parole conteuse acadienne.

Pourtant, comme le disait si bien le Père Anselme Chiasson, président d’honneur à vie de la NICA :

« Le peuple acadien ressemble à un arbre dont la croissance a été vigoureuse au début (1632-1755), et qu’une rafale (1755-1763) a dépouillé de ses branches pourtant chargées de fruits prometteurs. Arraché du sol, secoué dans ses racines, l’arbre lui-même fut emporté dans la tourmente. Déchiqueté et éparpillé en débris tout le long des côtes de l’Atlantique et du Golfe, il s’est de nouveau enraciné. Et ses nombreux rejetons, par une invasion pacifique, ont repris peu à peu le terrain perdu.

C’est ainsi qu’aujourd’hui de plusieurs coins de l’Acadie ancienne, ont surgi des groupements français, pleins de vie, riches de traditions et de folklore de tout genre. Par leur passé historique et pour ainsi dire légendaire, par leur vieux parler caractéristique et savoureux, par leurs coutumes et traditions importées de la mère patrie, ces îlots de survivance d’un peuple dispersé constituent des groupes ethniques dignes d’intérêt et leur histoire suscite toujours l’admiration ».

Si les Acadiens ont survécu à ce terrible événement de leur histoire, c’est grâce à leur courage, à leur persévérance, mais aussi grâce au conte. Car la parole conteuse leur a permis de se souvenir, d’« enjoyer » le plaisir d’être et de fêter, ensemble.

La soirée de ce soir, c’est le résultat d’un long travail de défrichage pour trouver ce qui reste de nos parlures et de les partager avec vous. C’est aussi la rencontre de deux cultures qui se sont souvent entraidées dans l’histoire, la 1e Nation Mi’gmaq et l’Acadie et qui aujourd’hui encore se retrouvent autour d’un même but : le partage et l’enrichissement de notre mémoire collective.

Merci à tous ceux et à toutes celles qui croient à cet art et qui veulent le faire perdurer. Merci au Secrétariat à la culture et au Sport du Nouveau-Brunswick, au Secrétariat des affaires intergouvernementales canadiennes du Québec, au Conseil des arts du Canada (programme des séries), au Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton, aux éditions Planète Rebelle, à la Savonnerie Olivier, à Passions d’Ailleurs, à St-Isidore Asphalte, de nous avoir aidés pour la réalisation de cette soirée. Merci surtout à la Société culturelle des Tracadilles, à la ville de Tracadie-Sheila et bien sûr au festival moisson d’art de nous accueillir. Et que la fête commence!

Myriame El Yamani, présidente de la NICA.

Commentaires des conteurs :

Dominique Kahn

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Chers vous tous,
Devant mes yeux la rose blanche d’Alfred
Au-dessus de ma tête le capteur de rêves
Dans le creux de ma main la pomme du pommier de Myriame
Dans mes oreilles le « Dili dili dili dili dam » de Dominique
Et au palais la douceur du cornet à l’érable de Nelson.

Au loin une ancienne musique de tambours
Qui fait chanter le ventre et la gorge
Le déboulement d’une rivière sur un lit de pierres orange feu
Les arbres aux feuilles rouge sang
Ciel et eau à perte de vue
Sans oublier la terre glaise ni la cloche sonnant la messe du dimanche…

Merci à vous pour tous ces cadeaux
Ils ont trouvé une belle place dans ma mémoire
Je vous embrasse

Dom

Robert Richard

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Myriame et Jacques,

Je vous écris quelques mots pour exprimer ma reconnaissance de votre dévouement à la réussite de ma participation aux Parlures d’Acadie et à l’atelier (Jacques). Je considère cette participation comme faisant partie de mes plus belles expériences de vie. J’ai vécu quelques choses de vraiment grand et formidable ! Croyez-moi, j’ai beaucoup grandi dans cette expérience.

La planification de A-Z était impeccable, ce qui me laissait toute la concentration sur la tâche à accomplir : apprentissage, expérience et succès. Milles fois merci ! J’avais vraiment besoin d’une expérience positive de la trempe de l’atelier et des Parlures. Avec toute sincérité, aujourd’hui, je me rends compte que je n’avais aucune idée que les résultats obtenus seraient aussi grandioses. Si je le dis ainsi, ce n’est pas pour être négatif, mais parce que je n’étais pas en mesure d’anticiper une telle tournure. Vous avez comblé mon bonheur. Il y avait une réelle motivation d’arriver au succès escompté lors de la soirée des Parlures.

Du point de vue de la livraison du conte, Le bâtiment blanc, j’ai pu casser plus que la glace. Sur le plan cheminement personnel, sans blague, je n’ai pas les mots pour expliquer la profondeur de mon expérience. C’est comme l’amour! De plus, tous les remerciements pour la confiance et la motivation que vous avez su me communiquer. Le travail de groupe a été une expérience extraordinaire.

Vous êtes plus que spécial, tant du point de vue personnel, de l’organisation des activités, du partage de vos connaissances et de votre expérience. Pour le dire, entre autres, j’ai pu comprendre l’importance de la parole et des gestes dans la livraison des contes. Le tout a permis de mieux apprécier l’art de conter de mes conteuses traditionnelles. J’ai bien hâte de recommencer l’expérience !

Robert

Marie-France Comeau

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Myriame !
Quelques mots pour te dire merci!
Pour cette phrase qu’une étrange a mise ou remise dans notre vocabulaire  » la corde à butin  »

Merci de nous avoir fait connaître Jacques et Dominique, ils sont partis en me laissant un « non-rassasié » de leurs paroles, contes et accents…

J’ai besoin de réconfort avant de monter sur scène et Jacques à su dire les mots justes.
J’aimerais qu’il le sache.

Merci encore une fois !

Pommettement vôtre ……….

Marie-France

Nadia Baribault

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Bonjour Myriame !

Il faut certainement TE remercier pour cette superbe opportunité que tu nous as offerte, pour ta générosité (je suis encore à découvrir les trésors du sac) et tout le travail que tu as certainement mis dans l’organisation de cet événement.

Te rencontrer fut un réel plaisir.

Merci pour les rencontres que tu as provoquées
Merci pour les apprentissages que tu as permis
Merci pour cette occasion de laisser prendre l’air à nos rêves.

À bientôt !

Nadia

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